L’importance des langues étrangères

Philippe NIEDERLÄNDER, joaillier à Sarre-Union, dont le fils est scolarisé en bilingue 

             Alors que certains d’entre nous découvrent la mondialisation, nos enfants, eux, naissent et grandissent avec.            

Comment leurs expliquer plus tard que nous ne voulions pas leurs donner la chance de maîtriser une langue étrangère alors que toutes les facilités leurs étaient offertes ? Le jeune âge de nos enfants et leur aptitude à assimiler les choses, bien plus facilement que nous le pensons, l’encadrement professionnel du personnel enseignant et les activités culturelles de l’association pour le bilinguisme mettent nos enfants dans les conditions idéales pour acquérir la première base primordiale à l’apprentissage d’une langue étrangère.      

        

Pour certains je paraîtrais peut-être trop enthousiaste, mais ceci est certainement dû à mon parcours personnel : parti dès l’âge de 15 ans afin de poursuivre mes études de joaillier en Autriche, je fut brutalement et définitivement confronté à l’usage de l’Allemand. Il ne s’agissait pas de tenir une conversation le temps d’une visite d’un week-end chez des amis. Il ne s’agissait pas non plus de se débrouiller durant 8 jours de vacances dans le Vorarlberg, encadré par papa et maman. Il s’agissait au quotidien, heure après heure, minute après minute, de vivre dans un environnement où seul la communication en allemand était possible. Eh oui; lorsqu’on demande au boulanger « haben Sie ein Casse-croûte ? » on ne met pas très longtemps à apprendre qu’il s’agit d’ « Ein belegtes Brot ». A l’image de cet exemple « croustillant » je fus très souvent confronté à de grosses difficultés de compréhension au début. Évidement tous les cours étaient en Allemand et ce n’était pas la présence d’un Français dans la classe qui allait ralentir l’instruction de matières telles que la technologie, l’histoire de l’art ou les mathématiques.              
Il faut le dire, c’est surtout grâce à mes prédispositions « germaniques » en Alsace, mais aussi aux quelques heures d’allemand obligatoires du CM1 jusqu’à la 3ème que j’ai pu m’acclimater totalement au bout d’un mois.              

J’imagine sans mal que cette transition aurait été beaucoup plus courte encore si dès le départ j’avais bénéficié d’une scolarité en classe bilingue.              
Aujourd’hui je continue à tirer profit de cet apprentissage car les relations professionnelles avec mes fournisseurs sont plus étendues en Allemagne qu’en France.              

Je demeure donc convaincu que la formule de scolarisation en mode bilingue (d’ailleurs très enviée par beaucoup de nos voisins) reste un formidable atout pour nos enfants, surtout que, dans ce cas, l’apprentissage de la langue étrangère ne se fait pas au détriment mais en complément de la langue natale.           

P. Niederländer 
(Publié initialement dans : L’ABC d’ABESUE n°2, mai 2007)   

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