Compte-rendu de la conférence

« Savoir parler plusieurs langues, c’est la règle dans le monde entier.
Ne savoir parler qu’une seule, c’est l’exception. » 

Conférence à Sarre Union de Sabine Ehrhart, professeur à l’université du Luxembourg 

« Mono- ou Bi ? » Avec le printemps, arrive chaque année le moment où les parents des enfants à scolariser doivent faire leur choix – lors des inscriptions en école maternelle et primaire. Le moment idéal pour l’ABESUE de rappeler au bon souvenir l’existence de la filière d’enseignement bilingue à Sarre Union, qui est bien sûr ouverte à tous les élèves. Pour informer et convaincre toujours plus de parents, l’ABESUE a pris l’habitude d’organiser une conférence annuelle, invitant un spécialiste qui apporte son éclairage sur l’enseignement bilingue. Cette année, l’ABESUE a eu l’honneur d’accueillir, le 24 mars, au Centre socio-culturel, l’ethno-linguiste Sabine Ehrhart de l’Université du Luxembourg. Elle a fait des recherches notamment sur le « plurilinguisme dans les salles de classe ». 
Pour mieux connaître les centres d’intérêt de recherche de Sabine Ehrhart et ses publications :  http://www.fruehkindliche-mehrsprachigkeit.de/referenten/sabineehrhart.html 

« Il est normal de connaître et d’utiliser plusieurs langues », a dit Sabine Ehrhart : la plupart des êtres humains maîtrisent tout naturellement plusieurs langues. Ne savoir parler qu’une seule langue « c’est l’exception ».
Exemple à l’appui : le Luxembourg. Le Luxembourgeois y est, on s’en doute, l’une des langues nationales. Mais : « Personne n’oserait refouler le français ou l’allemand au seul profit du luxembourgeois. » Ce trilinguisme fait partie, selon Sabine Ehrhart, de l’identité nationale même. Elle cite un rapport national : « Le plurilinguisme est peut-être la véritable langue maternelle des Luxembourgeois. » Ainsi, dès l’école maternelle et primaire, les enfants apprennent le luxembourgeois, mais aussi, progressivement, l’allemand et le français. Il est donc normal, dès le plus jeune âge, non seulement d’apprendre trois langues, mais aussi de suivre des enseignements en trois langues, puisque les différentes matières sont enseignées, selon, en luxembourgeois, allemand ou français. Plus tard dans la scolarité, s’ajoutent l’anglais et diverses autres langues du monde, ce qui donne lieu à des emplois du temps très colorés : ni « mono- », ni « bi- », mais « multi- ». 
Lors de l’échange qui a suivi, Sabine Ehrhart a rassuré les parents présents. L’enseignement en deux langues n’a, selon elle, rien de déstabilisant pour les enfants et ne doit pas être réservé aux « meilleurs de la classe ». Au contraire c’est un atout, voire une nécessité, dans un monde plurilingue. Sabine Ehrhart présente une vision de l’enseignement bilingue qui est en quelque sorte une vision dédramatisée : C’est le rôle même de l’école que de favoriser une écologie linguistique harmonieuse, dit-elle en somme.

Ecologie linguistique ? Selon elle, il s’agit de l’étude du « rapport dynamique entre les langues et les groupes de personnes qui les parlent », autrement dit, la relation entre plusieurs langues coexistant au sein d’une même société. Le problème central, selon elle, c’est qu’il faut donner les moyens aux individus de faire usage de ces langues tout en évitant d’opposer les langues et donc les identités les unes contre les autres. L’école aurait alors un rôle important : doter les enfants de la capacité à faire vivre en commun plusieurs langues et identités de manière… harmonieuse. 

JR 

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